| Jeudi
4 avril 2002. Le matin, j'aperçois au loin une affiche
alléchante : Java en concert. Le midi, la nouvelle
se répand : Java 21h à l'Algodon, et le bon
plan se précise : le lieu est un bar-salsa nantais
accueillant régulièrement des groupes et une
ou 2 centaines de personnes. Le soir, me voilà donc
poireautant dans la trop longue file des sans-tickets sur
le trottoir. Le portier annonce complet sans nous chasser
et nous apprend que le concert va durer 2h30, de quoi nous
motiver à patienter ! 30 minutes de poireau plus tard,
une intro musette couverte de cris retentit à l'intérieur...
Le bar est déjà méconnaissable tant
il est bondé mais nous entrons au compte-goutte, sur
fond de "Sex accordéon et alcool" puis "Pépètes".
Je me fraie un passage dans cette amazonie d'étudiants
et de piliers de 20-30 ans, qui se tasse et acclame les parisiens.
Ambiance tropicale, chaude et humide... Sur une mini-estrade
au centre de la salle, les 4 membres (chant, accordéon-clavier,
contrebasse, batterie) et leur invité percussionniste
sont à portée de main, décontractés.
Le
show va effectivement durer 2h30, avec pause au milieu pour
respirer et se diriger vers le comptoir. Java parcourt les
titres de son premier album, "Hawaï" sans toujours
s'y tenir à la lettre (comme on avait pu l'entendre
sur leur album live - "Java sur Seine"). Ainsi,
parmi leur rap-guinguette à tendance jazzy, le "Métro"
s'enrichit d'impros ragga et "Chihuahua" gagne une
intro déchaînée au clavier, que le groupe
s'amuse à nous répéter 3 fois, pour nous
provoquer un peu. Et on le lui rend bien, au moment voulu,
la salle se fend d'un long cri de toutou... Wwaouhh...
Vous l'aurez compris, c'est la bonne humeur. Et c'est normal,
car Java semble comme un poisson dans l'eau, un peu chaude
et surpeuplée quand même. Pendant que je joue
des coudes, le bassiste au look hippie se met en caleçon,
et le groupe nous fait participer : pour "C'est la vie",
Erwan - le chanteur - invite 3 demoiselles à venir
jouer les choristes-groupies. Plus tard, il demande s'il y
a des chanteurs et cède sa place à un courageux
raggaman. La première partie du show se termine avec
"Dieu", un titre-phare qui déchaîne
les foules et là, il commence vraiment à faire
soif.
La
deuxième partie est plus carrée musicalement,
elle démarre soft avec la "Chronique d'une toxine"
enchaînée avec "Hawaï", un peu
de calme dans ce bar en folie. Pas pour longtemps. Après
une instru guinguette, "Le poil" fait exploser la
salle à nouveau, qui saute et chante à tue-tête.
Le groupe en profite alors pour faire tanguer le public au
rythme de l'accordéon de Fixi, impeccable derrière
son sourire grimaçant, ce coup-ci, le bal musette n'est
pas loin...
Il ne reste plus à Java qu'à boucler la boucle,
c'est chose faite avec "Sex Accordéon et Alcool"
en rappel. La devise est reprise en choeur et le groupe peut
filer au Brésil enregistrer son prochain album.
M'M'B
mai 2002 |