| KoRn est un peu au néo-métal ce qu'est
Carlos aux big bisous : un monument. Ce groupe, issu
d'un trou perdu de Californie, a su dès son premier
album définir un nouveau style, avec des groupes comme
Deftones ou Far, et que les puristes refusent d'appeler
métal.
Pourtant, KoRn, avec des guitares à sept cordes
accordées très bas et aux multiples effets, une basse
mise en avant, et des crossing-over avec d'autres styles
comme le hip-hop, est toujours d'actualité... A votre
avis Linkin park, c'est qui leur référence ? |
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Bon, pour la petite histoire, le point de départ de KoRn,
c'est l'amitié de Head, guitariste et Fieldy,
bassiste, qui commencent à jouer ensemble, puis décident de
former un groupe avec Munky, guitariste. Un jour, sur
le répondeur de Fieldy, une petite voix se fait entendre :
"hey, guys, looking for a drummer ?". Vous l'aurez deviné,
c'est David Silviera qui va lui aussi rejoindre le
groupe, qui s'appelle alors L.A.P.D. et le chanteur c'est
David Morales. Ils ont même fait un cd quasi-introuvable en
France (et je ne sais pas si ça vaut quelque chose).
L.A.P.D. splitte et le groupe Creep le remplace. Mais il
manque alors un élément (et quel élément !) pour former KoRn.
C'est chose faite quand ils rencontrent Jonathan Davis,
personne tourmentée à la voix envoûtante. C'est la naissance
de KoRn. En 1994 sort alors une perle : le premier album éponyme
de KoRn. Le producteur est Ross Robinson, surdoué pour trouver
les nouveaux talents du métal.
Dès
la pochette, le décor est planté : une ombre malsaine s'étend
alors qu'une petite fille étonnée regarde l'inconnu (au verso,
restent seules les traces de pas). Et dès Blind, devenu
l'hymne de ralliement de tous les KoRniens, on tombe dans
l'univers de Jonathan Davis : tourmente, sévices, et morgue.
Une intro batterie-guitare toute douce puis la voix mi-crieuse
mi-gémissante arrive avec son fameux "are you ready".
Le reste de l'album est très abouti, avec un son plutôt bien,
et avec des morceaux d'anthologie comme Clown, ou Faget.
Fort de leur succès, les californiens ont une tâche difficile
: faire un deuxième album aussi brut et fort que le précédent.
Life is peachy, sorti en 1996 marque pour les fans
pur et dur la fin de KoRn. Pour moi, c'est le meilleur album,
avec le premier. Dès Twist, Jon nous use sa voix multiforme,
puis Chi, Lost, et Swallow ne font pas
baisser la pression. Bien sur, il y a la chanson A.D.I.D.A.S.
(Dans une interview, un membre de KoRn avait déclaré que se
faire sponsoriser n'était pas choquant aux Etats-Unis), ou
pour les intimes "All Day I Dream About Sex", qui bénéficie
d'un clip fantastiquement malsain : les membres de KoRn, morts
dans un accident de voiture se font embarquer à la morgue.
A mon sens, la meilleure chanson de KoRn est dans ce deuxième
album, avec Kill you, dans laquelle il parle des sévices
que lui a fait subir sa belle-mère et que son seul rêve est
de la tuer. Vous avez dit malsain ? C'est après ces deux albums
d'anthologie que KoRn devient la grosse machine que l'on connaît.
| Follow the leader, troisième opus,
sort en 1998. Et là, c'est un virage à 180 degrés que
le combo opère. Il nous avait habitué à des albums qui
s'écoutent d'un bout à l'autre et là, il n'y a pas à dire,
il y a des chansons bien (les trois premières sont même
parfaites), mais après ça se barre en couille ! Children
of the KoRn, est un duo avec Ice Cube... Bon je suis
tolérante mais là, c'est un peu trop rap à mon goût et
on ne retrouve plus la rage inhérente à Jon Davis qui
forme le fondement même de KoRn ! |
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A cette suite, KoRn organise un festival, nommé Family
Values, avec Rammstein, Incubus, Orgy, Limp bizkit et
Ice Cube. C'est pas mal, même si ça reste cantonné
outre-atlantique. Mais le cd et la vidéo qui en sont issus
ne sont pas mal du tout, surtout que KoRn ne joue pas que
des chansons de leur dernier album... Nous voilà rassurés
!
Le
combo californien est une bête de travail : ils sortent en
1999 leur quatrième album, Issues. Les fans de KoRn
tremblent : retour aux sources ou rap métalleux ? Ben en fait
il en sort un album plus intimiste que le précédent, avec
KoRn et uniquement eux (plus de Fred Durst ou d'Ice Cube),
et avec un son plus travaillé. Les avis divergent sur cet
album. Moi je le trouve très bien, car certaines chansons,
comme Falling away from me ou Hey Daddy ressemblent
à du "vrai" KoRn, avec un son plus pur. L'avantage
est qu'il est plus "accessible" que les deux premiers albums,
mais en même temps moins authentique. Ca n'empèche que Issues
est un très bon album. De plus, ils ont fait une large tournée
à la suite de celui-ci. Le concert de Rennes du 17 mai 2000,
on y était (vous pouvez lire
notre compte-rendu de concert).
July
mai 2001 |