| Les
Marcels remettent le couvert avec deux ptits nouveaux : Claudio
remplace Jean-Jean au micro et Agabouboum laisse sa place
à Bistek (!) derrière les fûts. Il y a
du changement dans l'air et ce troisième album s'en
ressent, les morceaux gagnent en rigueur et en clarté.
Rigueur, clarté ? Attendez, on est pas en train
de parler de Marcel et son orchestre, là ? les Boulonnais
en perruques et robes à volants ? Si, si.
Mais pour reprendre les paroles d'un certain chanteur populaire
: "Je n'ai pas changé... Je suis toujours ce jeune
homme un peu fou..." Non, ils n'ont pas changé,
nos Marcels. Toujours un peu folles, les paroles et toujours
un peu fous, leurs
concerts par exemple. Complètement, même.
Si changement il y a, c'est bien au niveau musical, plus carré
et plus varié : ambiances ska, bossa, salsa, fiesta,
n'importe quoi !
"Si t'en reveux, y'en re n'a" souvre en saturation
avec une "Médiseuse" dont les paroles me
rappellent mon village natal, ses petites vieilles qui épient
aux fenêtres. Encore une fois, les Marcels, c'est du
vécu. Déjà, on sent l'effet du changement
de chanteur, la voix de Claudio est plus douce, plus posée,
et le monsieur passe aisément du crooner ("Femme
Mûre") au punk déjanté ("Ma
soeur", "Les neurones à crêtes").
Et quand les guitares se taisent, les cuivres se lâchent,
servis par une production "au poil".
En
poussant le bouchon de liège un peu loin, on peut trouver
dans "Si t'en reveux, y'en re n'a" pas mal de concepts
originaux. "Sauvez-moi" : les Marcels s'essaient
au ska-latino avec refrain castagnettes et rythmes andalous
? "62 Méfie-te" : orientation vers un ska-dub
en patois Boulonnais ("On t'dira bec ed'bout / Tais te
donc, paye tin coup"). "Rolf Und Gisela" :
la zone d'expression libre de l'album - dixit le livret -
impose les Marcels comme la révélation country-rock-new-wave-allemande.
Da !
Du festif, toujours du festif, et le groupe balaie tous les
rythmes ska possibles. Après l'orage du premier morceau,
le beau temps : "Ramdam Réclame" et "Femme
Mûre" tout en douceur et volupté, pour un
peu de revendications et un bel hommage aux dames. Puis, le
tuning, l'amour et l'amour du tuning sont à l'honneur
avec "Tout l'temps t'aimer toujours" et son refrain
au fort accent rural. "Ma soeur" ressemble à
s'y méprendre au "C'est toi que je t'aime"
des Inconnus, du 100 à l'heure dans cette fin d'album
moins passionnante.
Reste le dernier morceau, une version acordéono-acoustique
de la "Fuite de fantaisie", qui nous est offert
comme un bonus final. Cette version dépasse même
à mon goût l'original, très poétique,
en parfaite contradiction avec ses textes loufouques. Pour
finir, je citerais un fan anonyme des précédents
albums des Marcels. A l'écoute de "Si t'en reveux,
y'en re n'a", il déclarait : "Tiens, on dirait
un vrai groupe, maintenant..."
M'M'B
mars 2002 |