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Comme
bon nombre de groupes aux couleurs reggae, Percubaba n'échappe
pas du clichés du genre, et ce n'est rien de le dire.
Passons le premier morceau et sa curieuse intro façon
orgue mortuaire pour nous intéresser aux 11 titres
de ce premier album des 11 rennais survoltés de Percubaba.
Premier constat, les paroles sont parfois à la limite
du risible : "C'est d'la balle / ouaich / internationale"
dès le deuxième morceau (ça commence
mal) et on assiste à une déferlante de "Jamaïcan",
"Babylon" et autres "Rastafari" par la
suite... Quant aux thèmes abordés, on retrouve
les classiques "contre l'extrême-droite",
"la société rend dingue", "pour
la dépénalisation", un engagement très
respectable bien sûr, mais Percubaba n'apporte rien
de vraiment nouveau sur le fond. Bien dommage.
Et pourtant, ce premier album ne me laisse pas indifférent,
bien au contraire. J'apprécie quand le groupe nous
livre des textes décalés, l'histoire de Flippo
le dauphin devenu polytoxico, quand il approche des thèmes
plus personnels et surtout quand il sait se taire (!). Pour
laisser la place à ses morceaux instrumentaux ("La
chute", "Shaman I") qui mettent le feu à
la platine et vous font remuer le derrière ; le phrasé
entre rap et ragga, français et anglais, des 2 chanteurs
apporte lui-aussi une bonne dose de dynamisme.
Car c'est là la force de Percubaba, cette capacité
à développer des rythmes fougueux, délirants,
faits de cuivres, de percus et de rock'n'roll. Mais les rennais
savent aussi se détendre, lorgner vers l'improvisation,
l'expérimental, avec un morceau caché de 20
minutes (quand même) tout en douceur et en harmonies
dub. Un album qui "fout le dawa" (vaut mieux quand
on est chez foutadawa prod), j'en reste quasi baba.
M'M'B
octobre 2001
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