| Loin d'être amnésique, Radiohead
se souvient parfaitement des recettes du succès...
Avec ce cinquième album, on ne peut pas réellement
parler d'évolution par rapport à Kid A, le précédent,
il est en effet précisé à la fin du livret
que les morceaux sont issus de la même période.
Si Amnesiac est un choix de la part du groupe, il est voulu
légèrement différent de celui effectué
pour Kid A : plus guitaristique...
Mais ne prononcez pas le mot guitare trop fort, vous risqueriez
d'être surpris. Si un titre sur deux comporte bien quelques
accords, on sent que Radiohead essaie de développer
à chaque morceau une ambiance particulière,
souvent radicalement différente.

Le premier morceau n'est pas là pour rassurer le fan
de la première heure avec son nom à rallonge
"Packt Like Sardines In A Crushd Tin Box" et surtout
son étrange composition de mélodies synthétiques.
Radiohead toujours aussi insipré ? Les notes de piano
de Pyramid Song nous rassurent ensuite sur l'état de
santé mental des anglais, le groupe varie les plaisirs
en ce début d'album.
On passe d'un beat électro 100% déjanté,
couvert de grésillements et de murmures aliens, à
de tristes et lyriques ballades où la guitare reprend
parfois ses droits. Sous des envolées de piano, de
violons (un orchestre accompagne le groupe à 2 reprises
: Dollar & cents, Pyramid Song) ou de samples - désormais
incontournables ? - la voix de Thom Yorke devient le seul
parallèle entre ces expériences.
Il semblerait que depuis Kid A, le quitet d'Oxford aime jouer
sur tous les tableaux, se perdre dans des ambiances expérimentales,
jazzy (un dernier morceau épatant) pour revenir de
temps à autre sur une basse, une guitare mise en avant.
C'est le cas en milieu d'album, où seule une nouvelle
version de "Mourning Bell" (avec sons de cloches
intégrés) vient troubler une série de
morceaux plus accessibles.
Quant à la fin de cette nouvelle gallette, elle nous
confirme que le rayon pop-rock de la fnac est de plus en plus
réducteur, puisque Radiohead part chasser les ours
sur fond de réverb, de programmation puis de clarinette.
Difficile alors de qualifier Amnesiac. A vouloir tout faire
: "prétentieux" peut-être, à
tout entreprendre et presque tout réussir : "étonnant",
"impressionant" pourquoi pas, mais "amnésique"
non, surement pas.
M'M'B
juillet 2001 |