| La
joie qui m'envahit est à peine descriptible : enfin
sort en France un live de Radiohead ! Cela faisait longtemps,
1995, si mes sources sont bonnes (un EP 4 titres concernant
la période Pablo Honey / The Bends). Il y a bien eu
d'autres sorties live mais uniquement pour le Japon, le Royaume-Uni
ou les USA. Cette fois, pour "I might Be Wrong",
la sortie est mondiale. Je glapis donc d'impatience à
l'idée d'écouter les morceaux en public de ce
groupe adulé. Je retourne la pochette à la recherche
du track-listing, comme on dit, et que vois-je ? 8 morceaux,
eh oui, c'est là encore un EP et non un album, il va
falloir se contenter de peu.
Encore sous le coup de ce choc émotionnel, je continue
mon analyse presque méthodique du contenu de ce "Live
Recordings" et que vois-je ? Eh bien, j'aurais tout le
loisir d'apprécier le passage à la scène
des récents "Kid A" et "Amnesiac"
; pour les précédents albums, je peux retourner
à ma discothèque personnelle, car aucun "ancien"
titre ne figure sur cet album. Décidément, Radiohead
n'en fait qu'à sa tête de radio (ah ah ah) et
ne mentait pas : ces 5 anglais me paraissent bien amnésiques.
Mais trève de plaisanteries douteuses, attaquons-nous
à ce live sans plus tarder.
Pour terminer sur le track-listing, on remarque que le groupe
ne reconduit pas ici les expériences les plus farfelues
de sa nouvelle orientation. "Treefingers", "Packt
Like Sardines In A Crushd Tin Box", "Hunting Bears",
"Kid A" ou "Pull / Pulk Revolving Doors"
passent à la trappe, à l'instar de certains
titres jugés (trop ?) classiques, "Pyramid Song"
ou "Optimistic". Dommage dans un cas comme dans
l'autre, mais il est évident que pour avoir peu de
morceaux, le groupe a dû trancher en conséquence.
Et bien sûr, les survivants sont tous de très
bons choix. Première conclusion : c'est du condensé.
Le son est d'une qualité impressionnante, la production
est réellement soignée pour un live. Tous les
morceaux présentés passent admirablement le
cap de la scène mais, pour un groupe considéré
comme tout nouveau bidouilleur, Radiohead respecte assez fidèlement
ses schémas studios. Pas d'orchestre jazzy sur "National
Anthem" ni d'orchestre classique sur "Dollars and
Cents", c'eût été étonnant,
mais les deux titres s'en sortent avec les honneurs. En général,
le groupe paraît tout de même plus énervé
qu'en studio, le batteur s'en donne à coeur joie et
Thom - le chanteur - ponctue "Morning Bell" de nombreux
"Walkin !", "Dollars and cents" de "Crack
!" et "National Anthem" de fougueux "Ah
! Ah !". Ah...
"Like Spinning Plates" est l'exception à
la règle du "pareil qu'en studio", car entièrement
remaniée au piano, l'émotion est palpable. Tout
n'est pas aussi formatté que je le laisse entendre,
vous avez raison de me le rappeler : "Idioteque"
et surtout "Everything in its right place" font
place à un déluge de samples qui remplissent
l'espace sonore de la voix de Thom et autres sons Radiohead-esques.
J'en
viens à la fin de cet EP (que décidément
plus j'écoute et plus j'aime) et son inédit :
"True Love Waits". Curieusement, le groupe termine
par un morceau entièrement accoustique. Nostalgie ?
Retour aux sources ? Petite pensée pour les fans qui
ne jurent que par un bon "Creep" ? Allez savoir
ce qui se passe dans la tête de ces radios là
(excusez-moi, j'ai l'ai refaite). Un dernier titre sympathique,
sans grande originalité, une petite fin en douceur
et en quelques accords.
Il est temps de conclure, "I might be wrong" est
un excellent live, mais quel dommage que ce ne soit qu'un
EP, car ses 8 morceaux et 40 minutes passent un peu vite.
Ca peut paraître exigeant, mais il aurait fallu un album
! Enfin même Radiohead peut se tromper...
M'M'B
janvier 2002 |