| La
Ruda est connue pour ses prestations en public, sans trop
s'avancer, on peut même dire que ce groupe fait partie des
meilleurs groupes de scène français ; la scène, la sueur sont
d'ailleurs des choses qu'ils revendiquent dans leurs chansons.
Forcément, on a voulu allez voir ce que ça donne, nous qui
avons manqué leur dernières venues à Nantes. Elles ne sont
pas lointaines : le groupe s'est produit en octobre 99 (en
plein air), il est également passé au début de l'année 99
à l'occasion de la tournée pour la sortie de L'art de la
joie, leur deuxième album.
Après m'être gavé des deux albums du groupe : "Le prix
du silence" et "L'art de la joie" - que
j'ai trouvé réellement excellents au passage - je me
rends au concert plein d'espoir et je peux vous le dire tout
de suite : en ce vendredi 21 avril, la Ruda n'a failli ni
à sa réputation, ni à mes espérances.
Premières parties : De Marcel à L7...
En
ce qui concerne leur dernier passage en salle, le groupe se
produisait avec les joyeux Marcel & son orchestre pour une
soirée entière de ska dynamique et délirant. Mais cette fois,
curiosité : la Ruda est à l'affiche avec Car crash et L7.
Un mot sur Car crash : "Carré !" Une bande de jeunes pratiquant
un rock énervé flirtant avec le métal à partir d'un schéma
classique : guitares, basse, batterie. ça ne m'a pas vraiment
emballé, un peu répétitif peut-être, mais respectable.
L7 ? pourquoi ce groupe en première partie de la Ruda...
mystère !
Pour ceux qui ne connaissent pas cette formation
entièrement féminine américaine, je classerais leur musique
entre le grunge et le "vieux rock" : parfois ça fait penser
à du AC-DC... Les membres de L7, ca n'est quand même pas n'importe
qui : elles ont joué avec les plus grands, voire les plus
énormes, Nirvana excusez du peu ! Niveau look, c'est mi-grunge
(Courteney Love), mi-gothique (Vampirella) et pas mal de carisme.
L7 débarque, blasé, et nous donne un concert bien ficelé,
le son est très (trop) fort mais les fans pogotent devant
la scène alors que le groupe balance la tête, fait voler les
cheveux et monte sur les retours. Même si leur musique ne
m'a pas passioné, c'est efficace !
Place au festif, place à la Ruda !
Le groupe entre en scène sur fond de "Roots
ska goods" dont les premières notes réveillent aussitôt
la salle. Les musiciens, casquette vissée sur la tête pour
la plupart, entament immédiatement les festivités : une heure
et demie de ska-core, pour reprendre leur terme. Là aussi,
on sent le carisme et le groupe qui en a vu d'autres.

Je n'avais encore jamais vu une telle ambiance dans une salle
: du premier au dernier morceau, les gens sautent, chantent
et dansent. Oui, un concert me direz-vous... Nuance : tous
les gens ! Le public entier semble ne faire qu'un devant les
huit musiciens qui ne laissent aucun temps mort. A la fin
de chaque chanson, Pierre, le chanteur, présente rapidement
la suivante sans jamais s'arrêter de parler.
Lancé par le groupe, le public en fait une affaire personnelle
: plus le morceau est énergique et plus la salle tremble et
transpire, les quelques ralentissements ("Rien Venir",
"Numéro 23"...), sont les bienvenus car la chaleur
devient insoutenable. Au bout d'une heure, Pierre nous annonce
la dernière : "Le devoir de mémoire" et la Ruda
file en backstage, après avoir largement félicité la salle.
Mais c'est pour mieux revenir, on ne peut même pas parler
de rappel : la Ruda nous gratifie d'une nouvelle demie-heure
de son talentueux répertoire, toujours à un rythme effréné.
"Stadio", "Trianon", "Le bruit du
bang"...
Vous l'aurez compris, je vous recommande chaudement
les représentations de ces saumurois car je ne connais rien
de mieux pour se mettre de bonne humeur, il ne mentaient pas :
c'est l'art de la joie !
M'M'B
mai 2000 |