La Ruda Salska  
 Passager du Réel : Heureuse surprise !

Faut-il rappeler le tournant que représente ce 3ème album dans le parcours de ces hommes de "l'école qui mouille le maillot" ? Les saumurois viennent de résumer leurs deux excellentes premières galettes par une performance live, fidèle à leur esprit. Une page est tournée, qu'en est-il de la suite ? Et bien pour faire moi aussi dans le jeu de mot et ne laisser aucun suspens en suspend, je dirais que ce nouvel album de la Ruda, loin d'être PASSAGER, est REELlement réussi !

Et ces ruda boys se payent le luxe de le réussir à tout point de vue : la production, signée Andy Lyden (U2, Bob Marley, vous avez dit énorme ?), est le changement majeur par rapport aux précédents albums, autoproduits ("le prix du silence", "l'art de la joie" - réédité chez Yelen) ou saisis sur l'instant ("la ruda salska en concert"). Cette fois, les mélodies sont limpides, les guitares électrisent sans nous saturer, les cuivres s'immiscent naturellement dans l'ensemble et les paroles de Pierre, le chanteur, sont toutes audibles !

On entre dans ce "Passager du réel" sans effort, avec une sensation d'équilibre et on en ressort, quelques écoutes aidant, agréablement surpris et heureux de la maturité acquise par la Ruda. Surpris par un premier morceau où la voix du chanteur n'est pas, comme à l'accoutumée, nasillarde mais grave et posée (profitez-en si vous n'aimez pas sa façon de chanter, mais ça ne concerne qu'une trentaine de phrases). Heureux de retrouver des paroles à la fois sensées, réfléchies ; des textes à la Audiard, pleins d'histoires, tout en jeux de mots et en références.

D'autant plus heureux quand ces paroles, on vous le disait, sont mises en lumière par la production ; quand le chanteur n'essaie plus de placer 3 phrases à la seconde, mais dillue son flow. Tant mieux, car il était dommage de ne pas profiter au maximum de cet atout. Quand on vous parlait de maturité...

Et ce n'est pas tout, je reprends mon panier à fleurs pour en lancer quelques unes sur les rythmes de cet album, qui semblent également trouver leur équilibre parmi les expériences salska passées. Les mélodies sont plus calmes, dans l'ensemble, que sur les précédents albums, si la Ruda était étiquetté "ska-punk", elle pourrait maintenant s'étaler jusqu'au rayon "ska-pop". Ce passager du réel démarre sur 2 morceaux très doux, fruités dirons-nous, une accalmie démentie par des "Histoires Improbables", un "Carnet d'une égerie", toujours aussi ska et cette fois plus énervé, électrique. La Ruda renoue avec le festif pour une "Profession Détective", un "Depass'man" et nous gâte en cuivres avec "Les nuits diluviennes".

Alors "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" dans cet album ? Il y a bien quelques titres moins accrocheurs, "L'évolutionnaire" ou le dernier "Les maux dits", mais il est difficile de cracher dans la soupe, à moins d'être resté bloqué sur une double pédale. Avec maintenant 3 albums dans sa besace, le parcours de cette Ruda prend des allures de sans faute.

M'M'B
janvier 2002

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Passager du Réel 3 octobre 2001 - 3ème abum studio
La Ruda Salska - Passager du réel
  1. L'odyssée du réel
  2. L'empire du moi
  3. Histoires improbables
  4. La comédie à la française
  5. L'évolutionnaire
  6. Héros cherche aventure
  7. Des tambours et des hommes
  8. Profession détective
  9. Le tort et la raison
  10. Carnet d'une égerie
  11. Les nuits diluviennes
  12. Depass'man
  13. Indianapolis
  14. Les maux dits
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