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La gouaille... un mot qui renvoie immanquablement à
des villes, des rues, des bars. Des gens, des chansons, des
accordéons... Allez, pour notre culture, la gouaille :
"verve populaire moqueuse et expressive" (petit
Larousse). Alors, moqueurs, les 4 nantais de la Rue d'la Gouaille
? non, plutôt expressifs.
Expressifs,
à l'image de David, le chanteur-guitariste et de sa
voix rauque un peu cassée. Une voix qu'il exagère
un rien pour mieux rendre cet accent de comptoir, pardon,
de comptoirreuh ! Là, je suis plus dans le ton. On
sent que ça vient du coeur, c'est peut-être pas
si exagéré en fait. Et ça donne un certain
style authentique à ce premier album, The Celtic Pogo,
entièrement fait d'instruments acoustiques, pour une
musique entre folk rock et chansons de marin.
Mais nous disions "verve populaire...". Verve,
plus ou moins. Certaines chansons sont bien écrites,
la moitié en anglais - souvent les moins prenantes
- leur qualité première étant cette connaissance
du terrain. On imagine bien ces gouailleurs nous chanter leurs
histoires dans la chaleur d'un bar, autour d'un demi. Ce Russe
égaré dans les rues parisiennes, ce colonel
facho et d'autres personnages pittoresques encore. Quelques
perles naissent de ce vécu : "Tous les troquets",
"La rue d'la gouaille". Deux morceaux plein d'émotions
où le groupe nous invite à sortir, à
le rejoindre, je vous laisse deviner où.
Et quoi de mieux pour raconter ces histoires de troquets
que le son d'un accordéon, je vous le demande. L'instrument
populaire chauffe dans les mains de Morgane, sur la moitié
des morceaux, et quand il se tait, c'est pour laisser la place
à une flûte irlandaise sautillante (appelée
tin whistle). Car leur musique passe aisément du pogo
celtique au rock country, aidée alors d'un banjo, d'un
harmonica.
Des morceaux souvent courts, moins de 3 min en moyenne, agrémentés
de contrebasse, de mandoline et toujours très rythmés,
David grattant inlassablement sa guitarreuh. Qu'importe le
style, l'objectif est clair : se bouger ! En concert, il use
ses cordes plus vite que ses postillons volent sur les premiers
rangs, mais on était prévenu, avec la Rue d'la
Gouaille et leur Celtic Pogo, on est dans le concret.
M'M'B
le 25/03/02
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