|
Pour
le commun des mortels, Limp Bizkit est le groupe qui a revu
le célèbre thème de "Mission Impossible", version
un peu plus couillu, pour le film du même nom, avec un 2 à
la fin. Mais on oublie un peu trop facilement qu’avant l’album
"Chocolate starfish and the hot dog flavored water"
(rien de tel qu’un peu de moquette pour pondre un titre pareil),
le combo américain a pondu deux galettes qui ont pas mal révolutionné
le monde du métal US.
Tout commence dans une bourgade nommée Jacksonville, où se
forme Limp Bizkit en 1994, mélange hétéroclite entre DJ Lethal,
ex-membre du célebre groupe House of Pain, Fred Durst qui
écrit des rap depuis qu’il a 14 ans, et des musiciens plus
péchus : Wes Borland (guitare), John Otto (batterie),
et Sam Rivers (basse). A force de concerts, le groupe se fait
remarquer par Ross Robinson, découvreur de KoRn quelques années
auparavant.
Il s’en suit un album, que dis-je, une véritable bombe, sortie
en 1997 : "Three dollar bill, yall $". Dès la première
écoute, le disque accroche, comme renouvelant à lui seul le
crossing-over, mélange de rap et de grosses guitares. DJ Lethal
s’éclate avec ses platines sur des riffs d’une efficacité
exemplaire, tandis que Fred Durst mélange passages rappés,
chantés, criés. Même si les influences rap sont omniprésentes
("indigo flow"), ce premier album reste en majorité
très influencé par le mouvement néo-métal. La perle de "Three
dollar bill..." est quand même la reprise de "Faith"
de G. Michael, qui se conclut par le mot scandé régulièrement
"motherfucker". Tout un programme...
C’est surtout l’année suivante que Limp Bizkit est révélé
au grand public américain, en participant au "Family
Values Tour", avec KoRn, Rammstein, Incubus, Ice Cube,
et Orgy. Face à cette nouvelle notoriété, Limp Bizkit doit
alors relever un défi de taille : faire un nouvel album plus
que correct. C’est chose faite avec "Significant Other"
qui se vend à heuteur de 6 millions d’exemplaires aux Etats-Unis.
Cette nouvelle galette se veut plus rap, mais avec un son
parfait. En effet, le son de ce deuxième album tranche avec
le précédent : puissant, sans aucun souffle, et avec des riffs
toujours aussi efficaces. Cela n’empêche pas qu’on y trouve
des perles musicales comme "Nookie".
C’est donc à travers la BO de MI2 que le grand public européen
découvre le groupe de Jacksonville. Le dernier album, sorti
en 2000, "Chocolate starfish and the hot dog flavored
water", fait donc partie des meilleures ventes d’albums
métal. Mais pour ceux qui connaissaient le combo auparavant,
Limp Bizkit déçoit. Certes, le son est toujours aussi nickel,
les chansons efficaces. Mais pourquoi donc a t’on l’impression
d’écouter "Significant Other 2", alors ? Peut-être
parce que la volonté de se renouveler qui existait entre les
deux premiers albums n’est plus.
Et puis aussi peut-être parce que Limp Bizkit se barre en
couille, aussi. On a l’impression que le groupe fait un maximum
pour tout ce qui est commercial, avant le musical : clips
à la chaîne (et sans aucune profondeur), mershandising à gogo...
Outre Atlantique, Limp Bizkit fait le même effet que les boyz
band ici il y a quelques années. En parallèle, Wes Borland
se lance dans un projet solo... On les attend au tournant,
les Limp Bizkit.
July
juillet 2001
|